Matthieu Gentyx500C’est aux frontières de la terre et de la mer que j’ai rencontré en 2007, le peintre Matthieu Genty. Dans cette grange qu’il a rénovée et transformée en atelier d’artiste, il se délivre de ses démons par la pratique picturale alliant différentes techniques de l’aquarelle à la peinture à l’huile, en passant par l’acrylique. Il dépose sur des papiers ses traits et ses couleurs, ses obsessions en forme de personnages et d’animaux comme sortis d’une saison en enfer. Les crayons, les pastels, les stylos sont des balises pour se retrouver dans l’itinéraire de ses voyages intérieurs.
Matthieu joue des transparences, des superpositions et parfois il gratte le bois, il grave ainsi les histoires qui le tourmentent. Je l’ai vu aussi « encadrer » ses tableaux aux formes improbables avec des bandes de cuivre ou de zinc comme pour ne pas laisser s’échapper son paradis pictural. Toujours à la marge du réel et du fantasme, il ouvre des jardins, des paysages, des personnages qui luttent avec les couleurs et les traits pour devenir graffitis et écritures.
C’est son livre, son roman, sa vie au large de lui-même qui volent en oiseaux fous vers le regards des autres, afin de rompre les différences et parler, communiquer, partager – lui qui vit ses secrets aux frontières de la terre et de la mer sur la  Côte d’Albâtre – secrets qui forgent une amitié.

Michel Robakowski