Marion Oster par Gérard Sendrey

Je n’ai pas la prétention d’apprendre aux lecteurs du présent texte que la fonction créatrice ne saurait être subordonnée à un savoir ni à la volonté de concrétiser une idée déjà bien réfléchie. La création est la définition d’une mise au monde de ce qui n’existait pas encore dans l’univers individuel de son inventeur à titre personnel.. Il peut éventuellement s’agir d’une découverte similaire à une autre déjà faite ailleurs et en d’autres temps. Cependant, l’une ou l’autre novation est marquée par la personnalité de son auteur telle que résultant de son parcours personnel dans des conditions propres à son cadre de vie particulier. Cette situation existentielle marque toutes les manifestations spontanées de qui s’adonne à ce genre d’activité. C’est ce caractère originel qui manifeste la forte personnalité de l’artiste par rapport à d’autres qui veulent inscrire leurs productions au goût du jour avec le désir de plaire pour en tirer profit. Pas question pour Marion Oster de se ranger à se genre de comportement. Elle ne s’emploie pas à faire ce que l’on peut attendre d’elle mais à proposer en toute liberté ce que l’on n’attend pas. Elle n’inscrit pas sa démarche en un mouvement particulier comme il y en a toujours, au fil du temps, dans l’actualité artistique du moment. On pourrait, à la vue d’une des émanations de sa créativité toujours en mouvement, pencher
pour son assimilation à une forme d’expression ayant déjà pignon sur rue mais il s’agirait alors d’une position d’esprit banale, très en vogue chez nombre d’amateurs s’attribuant la capacité de reconnaitre la façon de faire d’un tel chez tel autre en se donnant ainsi à eux-mêmes l’illusion qu’il portent sur l’œuvre un regard des plus avertis au service d’une grande
compétence en la matière. C’est la confusion classique d’un grand nombre entre la vision intellectualisée nourrie de considérations amplement médiatisées et le ressenti émotionnel hors tout ligne de conduite suscitée par les critiques assermentés qui se voudraient généralement au-dessus d’une mêlée dont leur seul souci est de sortir eux-mêmes vainqueurs.