La toile ne vient pas de la tête, mais de la vie. Je ne fais que chercher la vie. Tout ça échappe à la pensée, à la volonté. Bram Van Velde

ARTMANIAK
L’atelier d’arts plastiques du centre de santé mentale de Rouen
Si je peux partager le point de vue de Bram Van Velde en tant qu’artiste, mon travail auprès des patients sera de proposer une manière d’attraper ce qui échappe, qui est à l’insu de soi parfois, et
d’en permettre une mise en forme.
Le témoignage au sujet de cet atelier d’arts plastiques nous permet de faire le point sur les pratiques de soins impulsées par la thérapie institutionnelle qui a marqué l’histoire de la psychiatrie. Ce courant de soins est toujours discuté de nos jours et vient questionner la place du sujet dans la société et sa participation subjective dans ses soins. Ce qui se passe dans cet atelier est d’abord une pratique artistique. Cette pratique artistique se met au service de la mise en sens du vécu du patient et de l’élaboration de son histoire. L’atelier permet de rencontrer l’esthétique, le beau, et déployer un éventail des possibilités de la mise en images des éprouvés, émotions, pensées. L’appui sur l’image dans l’art et sa pratique, permet une forme de symbolisation, le pictural pouvant être un langage.
Le fait que la peinture ait un caractère préétabli en tant que médiatrice entre l’idée et la réalité m’est très important. J’ai voulu rétablir des relations ouvertes entre la peinture et le monde extérieur et, par là, retrouver le geste, la corporéité et la réalité. Quand je pose une touche de pinceau sur la toile, un espace vibrant s’ouvre tout autour. A ce moment là commence la peinture.
Lee Ufan Un art de la rencontre
Thierry Tran, Février 2016